SOUS L’ARMURE de Catherine Anne

affiche

 

Mise en scène Lucile Jourdan

Texte publié aux éditions L’école des loisirs
Texte sélectionné pour le Grand Prix de littérature dramatique 2014 / le Prix de la pièce de théâtre contemporain pour le jeune public 2014 / le Prix Collidram 2014 et le Prix des lecteurs de théâtre du Cher 2014 / 2015.

LE CONFLIT
Quand j’étais petite je me mordais les lèvres pour ne pas pleurer, parce que les garçons ça ne pleure pas. Et puis un jour on a emmené ma petite chatte se faire opérer pour ne plus avoir de bébés, quand on est rentré je l’ai gardé sur mes genoux, elle tremblait. Le gros chat noir du voisin est entré dans le salon pour s’allonger sur le sofa, tranquillement.
Ce jour-là j’ai pleuré.
Quand j’étais presque grande, je portais toujours des pantalons pour courir, sauter, grimper dans les arbres, faire du vélo et battre les garçons. Et puis un jour mon père m’a dit « les pantalons ça suffit, mets toi un peu en jupe comme tes copines, que t’aies l’air d’une fille ». Quelques jours après ma meilleure amie est passée à la maison pour aller au cinéma voir Johnny s’en va-t-en guerre. Elle avait mis un super pantalon noir moulant et une petite chemisette à fleur, mon père m’a tout de suite fait remarquer qu’elle était extrêmement élégante et féminine avec un pantalon. Ce jour là j’ai cessé de me battre.
Fille ou Garçon, c’est peut-être biologique, mais derrière l’évidence du sexe et des rôles, il nous faut nous trouver. Le poids de l’éducation, la religion, la société sont autant de diktats à surmonter pour savoir ce qui se cache réellement sous cette
armure.
Le style très particulier de Catherine Anne, une écriture sans ponctuation, des retours à la ligne laissant un mot en exergue, ouvre des sens multiples et une langue débarrassée de son carcan.
Tout comme dans sa construction foisonnante des personnages, qui dépasse les stéréotypes, la place du comédien en recherche prend ici toute son ampleur.

TOUT EST POSSIBLE
Le plaisir et l’engagement, voilà deux mots qui m’ont toujours guidée dans ma fonction de metteur en scène. Deux mots
qui traduisent la vitalité de l’écriture de Catherine Anne. Toute son oeuvre, et en particulier Sous l’armure, parle directement d’un rapport au monde en travail, à l’amour de la vie. Et l’engagement, car les personnages de cette histoire jouent avec les contradictions humaines, les ambiguïtés, la foi et la lâcheté. Ils nous engagent tous, spectateurs et acteurs, dans une lecture du monde.
Mon envie première est d’interroger la fonction même du théâtre, du plateau, des acteurs, de la technique, pour trouver
l’endroit juste qui permet à la communauté, acteurs et spectateurs, de parler du monde, de le brasser, de le réinventer chaque soir. Pouvoir transmettre mon euphorie sur ce travail collectif, qui consiste à s’emparer du matériau extraordinaire qu’est le texte, le laisser nous guider sans calcul ni interprétation, rester au coeur de la question de la générosité, du don, de l’échange. Un théâtre brut, populaire, qui nous appartient, qui nous élève, et qui nous est indispensable.
Je jubile de plonger dans les questions multiples posées par le conte médiéval de Catherine Anne. Si toute l’histoire se déroule au Moyen-Âge, on retrouve bien des similitudes avec notre société malade. Monseigneur doit défendre son territoire, le sang coulera, les têtes tomberont, ainsi va la guerre… Mais il y a aussi l’autre guerre, une guerre plus sournoise, insidieuse, une guerre pour reconquérir son territoire intérieur. Celle-là même qui pousse Christine et Thibault à fuir. Chacun pour des raisons différentes. Ils se cherchent, ils se cachent, ils s’échangent, ils se brûlent, ils se reconnaissent, ils se chantent, ils jouent à la vie à la mort. Ils nous balancent en pleine figure leur rage de vivre, en prenant leur armure ils rentrent en guerre contre les idées reçues, les formatages, les rôles imposés, les préjugés, le tout noir ou tout blanc.

QUELLES SONT NOS ARMES ?
La musicalité s’impose et découle du phrasé du texte et du dessin de la partition des dialogues imprimés. Un rythme très précis s’impose, cela devient une contrainte, un cadre très intéressant à tenir qui permet d’ouvrir au plus grand le sens des mots au-delà de la psychologie. La voix chantée apporte une relation organique aux mots, elle prend aux tripes. Le va-et-vient entre voix parlée et chant permet de garder cette tension. Il donne une sensation de fragilité, accentuant ainsi la puissance de l’ici et maintenant de l’acte théâtral. On le sait, de tout temps les chants ont su rassembler, dynamiser, motiver les plus grandes causes.
Maintenant il faut transcender le texte, passer de la typographie en noir et blanc, à la couleur de la voix, à la chaleur de nos corps, faire vibrer et résonner l’armure.

Lucile Jourdan,
octobre 2014
dossier "sous l'armure", mars 2015

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Monseigneur / Paysan : Gilles Najean

Châtelaine / Paysanne : Cécile Bouillot

Christine : Stéphanie Rongeot

Thibault : Nicolas Fine

Ménestrelle : Gentiane Pierre

L’équipe artistique

Mise en scène : Lucile Jourdan

Création musicale : Patrick Najean
Scénographie : Aude Vanhoutte
Lumières : Joëlle Dangeard
Costumes : Anne Dumont
Régie son : Sadry Djaziri
Chargé de production : Alain Fillit

Durée du spectacle : 1h
tout public ( à partir de 8 ans)
dimension du plateau : profondeur 6m, ouverture 10m
dispositif scénique : frontal (détails fiche technique)

Prix de cession:
En fonction du nombre de représentations ( la base étant 1 représentation 3000 ttc++)
Les ++ sont les transports pour 8 personnes ( tarif syndeac)
les hébergements et repas (sur place où tarif syndeac):
J -1 : montage 3 régisseurs – arrivée à 9h00 au théâtre (où la vieille selon le trajet) .
Le soir arrivée des comédiens + metteure en scène
J : arrivée du chargé de production. Démontage à l’issue de la représentation (2h00 chargé)
Hébergement en fonction du trajet.

Ce spectacle est soumis au droits de la SACD

Autour du spectacle:
1h de rencontre avec chaque classe
Rencontre avec l’équipe à l’issue du spectacle
(ces animations sont comprises dans le prix de cession.)

Représentations saison 2015-2016 :
Théâtre du Briançonnais: du 2 au 5 novembre 2015
Le 2 à 9h45 et 14h00
Le 3 à 14h00 et 19h00
Le 4 à 9h45
Le 5 à 9h45 et 14h00
Forum Jacques Prévert : le 20 novembre 2015 à 14h00 et 20h30
Théâtre du Vellein : du 19 au 21 janvier 2016
Le 19 à 9h30 et 14h30
Le 20 à 9h30 et 18h30
Le 21 à 9h30 et 14h30
Centre Culturel de Seyssinet : le 2 février 2016 à 14h30 et 19h30

Solstice de Brangues (Morestel 38) le 2 juin 2016 à 10h00 et 14h00

Représentations 2017

Théâtre Durance à Château-Arnoux (04) – le 3 mai à 10h00 et 19h00

Prochaines dates de ce spectacle