LES SAISONS DE ROSEMARIE de Dominique Richard

Rentrer dans la tête d’une enfant de 10 ans, c’est accepter de s’engouffrer dans une tempête sans même avoir prévu un parapluie. C’est un déluge de sensations et d’émotions.
En un clin d’œil ma chaise a les pieds en guimauve et des dents surgissent au niveau du dossier, mon stylo devient une arme redoutable contre « les tueurs d’espoir » ceux qui nous font croire que tout va mal, mon cahier se gonfle, s’enfle et on s’élance à pleine page dans le ciel.

Trois comédiens vont se jeter du haut de l’histoire.
Au son du « piano a huit mains », les mots vont effectuer des triples sauts périlleux, essayant de garder l’équilibre sur le fil de la pensée.

C’est un voyage initiatique. Une exploration de l’âme enfantine, pour ne plus avoir peur de surmonter les obstacles de la vie, ou faire semblant. Et par le jeu des faux-semblants finir par gagner l’apaisement nécessaire, ne plus se laisser faire, noyer ses démons, et garder l’espoir d’être, un jour, un Homme libre.

L’HISTOIRE

Rosemarie, la petite fille de cette histoire, a toujours des difficultés à parler. Les mots se bousculent dans sa tête. Elle réfléchit beaucoup mais au moment de dire : rien…. Silence.
Elle s’égratigne au contact du réel et rêve les yeux ouverts. Son univers plein de fantaisie ludique et de poésie est traversé par trois figures d’adultes décalées : son facétieux professeur de danse, son obséquieux professeur de mathématiques et son sérieux papa.
Un jour, rêvant d’un autre avec qui elle pourrait tout partager, elle voit un garçon débarquer….
La rencontre avec cet alter ego va perturber sa solitude. Dès lors, ce compagnon imaginaire, à la dyslexie touchante, permettra à Rosemarie de formuler ses inquiétudes, de se découvrir et s’accepter. C’est la métamorphose douloureuse et joyeuse d’une enfant qui grandit au rythme des saisons.

À PROPOS DE ROSEMARIE

Pour ceux qui ont eu 10 ans, et ceux qui auront 10 ans

Les saisons de Rosemarie  parlent des tentatives et des efforts qu’il faut produire pour devenir un adulte.
Des choses simples en fait, comme  travailler, penser très fort à quelqu’un, savoir que les parents peuvent se détacher de leurs enfants, que les enfants se rendent compte que le monde est hostile….
Aujourd’hui, les enfants sont gardés, protégés, maintenus à distance, ils se laissent atrophier.
Au sein d’une société bridée par les hiérarchies et les comportements stéréotypés, les bras et les jambes frêles de Rosemarie, la colère qui se lit sur son visage, sont le reflet  de quelqu’un qui ne s’amuse pas facilement.
Elle est confrontée à une situation de crise, où les rapports sont bloqués.  Sa force d’adaptation et sa persévérance grandissante jaillissent, elle convoque sa faculté de jugement et une formidable capacité d’agir.
Rosemarie n’est pas portée  par un collectif, elle engage sa vie à travers sa propre conviction.
Les saisons de Rosemarie s’apparentent à un récit d’aventure, mais sans agitation d’armes, sans super-pouvoirs.  Il parle d’aventures, mais le sujet n’est pas la confrontation du bien et du mal, c’est l’histoire d’une petite fille qui  se jette dans un monde où la parole est une force, où le fait de parler constitue un acte  déterminant, une volonté, une énergie.
Les mots d’aujourd’hui ont une légèreté sans limite et le mot n’est vain, sans force, que parce qu’il est vidé de son sens, on peut dire n’importe quoi, il est reçu comme une bulle. À l’âge de Rosemarie chaque mot prend sa place dans un tout, une globalité concrète.

Rosemarie  n’est pas devenue l’héroïne parce qu’elle est une jolie petite fille dotée d’un coeur exceptionnel, elle va apprendre à se discipliner, apprendre l’amitié et le dévouement. Le talent de Rosemarie est de trouver la force, les ressources nécessaire pour grandir, survivre, et devenir un être humain.
Voilà pourquoi ce spectacle est destiné aux enfants qui auront 10 ans et ceux qui ont eu 10 ans.

Lucile Jourdan

ROSEMARIE ET MOI

«  Enfant, je ne parlais pas beaucoup. En classe, j’écoutais les leçons sans ouvrir la bouche. Les professeurs me reprochaient souvent mon manque de participation. C’est pour faire plaisir à ma mère que je décidais un jour de lever la main en cours d’anglais. Je savais la réponse, et je voulais absolument la donner. Le professeur a dû être irrité par mon insistance, et il me demanda si c’était parce que j’avais envie de faire pipi que je trépignais de la sorte. Je me sentis humilié et ne dis plus jamais un mot en cours.
J’étais ce qu’on appelle un enfant timide….
J’ai cessé d’être vraiment timide le jour où je me suis rendu compte qu’il m’arrivait aussi de dire des choses amusantes, qui pouvaient faire rire les copains. Commença alors une période étrange où je me mis à parler sans cesse, à raconter des blagues que j’inventais, à dire tout ce qui me passait par la tête. Des fois, je remportais de francs succès, et j’étais fier d’entendre mes amis s’esclaffer à mes histoires, mais le plus souvent, c’était dans un silence gêné que nous repartions jouer au foot. Je me trouvais ridicule et je réappris à me taire.
Je n’écris pas pour les enfants, mais sur l’enfance. Ma seule question est celle de la constitution de l’identité personnelle…
Je n’ai aucune nostalgie de l’enfance. Pour moi, c’est le temps de l’interdit, des premières humiliations, des premières violences. La perte de l’innocence, c’est une histoire d’enfant. Ce n’est ni triste, ni déprimant. C’est simplement tragique, un tragique qui peut, qui doit faire rire. Et qui ouvre sur une autre période, pleine d’espoir et d’apaisement.
L’enfance c’est l’excès. Tout y est plus vif. C’est le temps de la démesure, de la dépense infinie, des premières expériences conduites sans retenue. Les sensations, les passions y sont aiguisées, ce qui entraîne cet aspect sombre et inquiétant….
Après le point de vue de Grosse Patate, j’ai eu envie de retrouver Rosemarie Peccola. Son âge est celui de la confusion…. Je voulais avec elle formuler les questions par lesquelles je suis passé et qui me font sourire aujourd’hui, alors qu’enfant moi-même elles me terrifiaient. Partager avec elle, et tous les enfants, un moment que j’ai traversé, retrouver la part de rêve qui me reste, adulte, et qui nous est commune. »

Dominique Richard

Mise en scène : Lucile Jourdan
Avec :  Stéphanie Rongeot,  Nicolas Fine et Gilles Najean
Création lumière : Joëlle Dangeard
Chargé de production : Alain Fillit

Scénographie : Aude Vanhoutte / Création musicale : Baptiste Poulain
Costumes : Anne Dumont

Fiche Financière
Le prix de vente du spectacle est de :
2 300 euros ++ pour une représentation
Et  2000€++ pour les représentations supplémentaires.

Les ++ sont les transports pour 8 personnes (tarif syndeac)
Les hébergements et repas (sur place ou tarif syndeac):
j-1 : montage 2 régisseurs et metteur en scène arrivée : 9h00 au théâtre (3 services avant représentation)
Le soir arrivée des 4 comédiens +  assistant mise en scène
J : Représentation. Démontage à l’issue de la représentation
(2h00  chargé)

Ce spectacle est soumis au droit de la SACD

Autour du spectacle:
1h de rencontre avec chaque classe
Rencontre avec l’équipe à l’issue du  spectacle
Ces animations sont comprises dans le prix de cession.

Dossier de presse à venir, nous contacter